Les sondages récents montrent que le Rassemblement national (RN) est actuellement favori pour arriver en tête du premier tour de l’élection présidentielle de 2027, que ce soit avec Marine Le Pen ou Jordan Bardella, avec des intentions de vote oscillant entre 31% et 36% selon les configurations. Face à cette dynamique, la gauche apparaît divisée, ce qui limite fortement ses chances d’accéder au second tour en l’état actuel des candidatures, alors comment les partis de gauche peuvent-ils espérer l’emporter? Rentrons dans le vif du sujet.

    Le poids de l’union à gauche

    Plusieurs enquêtes d’opinion convergent : si la gauche parvient à s’unir derrière une candidature commune, elle pourrait se qualifier pour le second tour. Un sondage Harris Interactive pour Regards crédite une candidature unique du Nouveau Front populaire (NFP) – rassemblant La France insoumise, les communistes, les socialistes, les écologistes, Raphaël Glucksmann et François Ruffin – de 26% des intentions de vote, ce qui la placerait devant le candidat du camp présidentiel et lui ouvrirait la porte du second tour face au RN.

    Ce scénario d’union est plébiscité par 8 sympathisants de gauche sur 10 d’après les données du blog Citoyens Souverains. D’ailleurs il semble indispensable puisqu’une alliance LR-Renaissance n’est pas à négligée, ce qui donnerait 25 à 30% des voix à ce bloc.

    En cas de division, les scores s’effritent : LFI seule plafonnerait à 8%, tandis que le reste de la gauche unie atteindrait 20%., ce qui rend possible l’accès au second tour mais assez improbable. Dans tous les cas, l’union reste la condition sine qua non pour espérer franchir la barre du premier tour.

    Raphaël Glucksmann, figure montante

    Parmi les personnalités de gauche, Raphaël Glucksmann apparaît comme le mieux placé pour fédérer au-delà de son camp, notamment auprès de certains électeurs du centre, une non candidature du PS se reporterait dans les voix majoritairement a la Macronie et non d’autres partis de gauche, surtout a LFI, qui est très loin idéologiquement du PS.

    Dans plusieurs scénarios testés, il devance Jean-Luc Mélenchon et pourrait rassembler jusqu’à 15% des voix si la gauche reste divisée. Mais même dans ce cas, cela reste insuffisant pour accéder au second tour sans large rassemblement, il faudra donc compter a minima sur le soutien du PCF et de EELV.

    Les obstacles et incertitudes

    Malgré ce potentiel, la gauche fait face à de nombreux défis, à commencer par la difficulté à s’accorder sur un candidat unique et un programme commun, alors que les divergences stratégiques et idéologiques restent fortes, il faudra renouveller au mieux possible l’expérience du Nouveau Front Populaire.

    Il y a aussi l’incertitude sur la capacité à mobiliser au-delà du socle traditionnel, notamment face à une extrême droite très mobilisée et un centre toujours influent, la gauche ne représentant que 30% des voix, il faudrait un énorme travail pour convaincre le bloc centriste pour l’emporter face au RN.

    Enfin, l’absence de figure consensuelle capable de rassembler toutes les composantes de la gauche est à noter, même si Glucksmann semble aujourd’hui le mieux placé pour incarner ce rôle.